Les premières projections diapositives de Gisèle Freund chez Adrienne Monnier
Le 24/01/2019 à 11h50 par Les Collections
Résumé

À partir de 1939, Gisèle Freund, pionnière dans la photographie couleur en France, propose une forme originale pour faire découvrir ses portraits d’écrivains

Dans les années 30, elle vit à Paris et gagne sa vie en tant que photographe-reporter. A cette même période la pellicule couleur fait son apparition en Allemagne et aux États-Unis, et sera commercialisée en France dès 1938. Gisèle Freund va aussitôt utiliser la pellicule couleur : « Je trouvais extraordinaire de pouvoir faire des photos qui reproduisent ce que mon œil voyait. J’étais enthousiasmée, sans réserve » dira-t-elle dans un entretien avec Rauda Jamis[1]. Comme elle vit à Paris et fréquente la librairie « La Maison des amis des livres » fondée par Adrienne Monnier, elle est amenée à rencontrer de nombreux écrivains de renom et elle décide alors de se lancer dans une collection de portraits d’écrivains en couleur. Entre 1938 et 1939, elle a déjà réalisé le portrait de Paul Valéry, et, grâce au soutien d’Adrienne Monnier qui l’introduit auprès de ses amis écrivains, elle photographie rapidement plus d’une trentaine d’écrivains parmi lesquels André Gide, Louis Aragon, André Malraux ou encore André Breton.

 

 

C’est dans cette même librairie et toujours avec la complicité d’Adrienne Monnier, qu’elle organise sa première projection de diapositives de « Portraits d’écrivains », le dimanche 5 mars 1939. Le carton d’invitation nous fournit la liste des écrivains photographiés à cette date. Durant l’été 1939 elle se rend en Grande-Bretagne et revient en France avec des portraits d’écrivains anglo-saxons pour compléter sa collection qui compte alors plus de 60 écrivains. Ces séances de projection rencontrent un certain succès si bien qu’elle sera amenée à présenter ces photographies sous cette forme à de nombreuses reprises chez Adrienne Monnier ou au domicile de certains écrivains. En 1939, Peggy Guggenheim l’invite notamment à projeter ses photos lors de la soirée de fermeture de sa galerie londonienne.

 

 

Trente ans plus tard, Gisèle Freund renoue avec ce mode de diffusion, peu commun pour un photographe, dans l’exposition-spectacle Au pays des visages présentée au musée d’Art moderne en 1968. « J’en avais fait un spectacle à la fois chaleureux et intime, du moins je l’espère. […] C’était, je pense, la première fois, du moins en France, qu’on montrait ainsi des photographies, et c’était nouveau. »

 

Article de Mélina Reynaud

 


 

[1] Paris, Éditions des femmes, 1991, p.71
 

Voir le fonds Gisèle Freund à l'IMEC

 

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